
Début octobre. Dans une première entreprise, la DRH entre en réunion avec trois scénarios chiffrés, l’évolution des salaires sur trois ans et une vision précise des populations qui ont décroché. Les représentants du personnel ont reçu les données plusieurs semaines auparavant. Les désaccords existent, mais ils portent sur les arbitrages. Deux réunions plus tard, un accord est signé.
À quelques kilomètres de là, une autre entreprise du même secteur dispose pourtant d’une enveloppe salariale comparable. Mais les chiffres arrivent au compte-gouttes, les syndicats réclament des précisions sur les écarts de rémunération et la direction peine à expliquer pourquoi certaines catégories sont davantage ciblées que d’autres. Les réunions s’enchaînent. La négociation se termine par un procès-verbal de désaccord.
Même budget, résultat opposé. Ce qui fait la différence se joue bien avant la première réunion : dans la qualité des données, leur partage, la préparation des scénarios et la capacité à expliquer la logique de répartition de l’enveloppe. À mesure que les marges salariales se resserrent, la NAO devient moins une bataille de pourcentages qu’un exercice de démonstration. Autrement dit, une partie des NAO 2027 se joue dès septembre 2026.
Données 2026 : 4 tendances à retenir sur les négociations salariales
Après plusieurs années de fortes revalorisations, la négociation salariale change de registre : le rattrapage du pouvoir d’achat touche à sa fin et cette bascule redessine les équilibres de la négociation 2026, du niveau des hausses jusqu’à la manière de les répartir. Selon la Banque de France, les 1 700 premiers accords d’entreprise signés pour 2026 contiennent une hausse moyenne de 1,6 %, contre 2 % début 2025 et 3,3 % début 2024. Au deuxième trimestre, cette hausse atteint 1,7 %.
Tendance 1 – Des augmentations désormais concentrées autour de 1 à 2 %
La modération apparaît encore plus nettement dans la distribution des accords. Au deuxième trimestre 2026, 63 % des accords d’entreprise prévoient des hausses comprises entre 1 et 2 %, contre 54 % un an plus tôt. Et 15 % affichent des augmentations inférieures ou égales à 1 %, contre 10 % un an auparavant. Dans ce contexte, la question ne porte plus seulement sur le niveau de l’enveloppe, mais sur sa répartition : qui augmenter, dans quelles proportions et selon quels critères ? Plus les hausses sont limitées, plus l’entreprise doit pouvoir documenter ses arbitrages.
Tendance 2 – Les bas de grille continuent de se rapprocher
Entre fin 2020 et fin 2025, la Banque de France constate que les minima de branches ont progressé au moins autant que les prix, avec des hausses plus marquées pour les rémunérations les plus proches du SMIC. Cette évolution contribue à resserrer les écarts entre les différents niveaux des grilles. La tendance se poursuit en 2026. Après une revalorisation du SMIC de 1,2 % en janvier, une nouvelle hausse de 2,4 % est intervenue en juin 2026. Pour les DRH, il existe un risque de tassement des écarts entre niveaux de classification.
Tendance 3 – La négociation se déplace vers la répartition de l’enveloppe
Autre évolution : l’équilibre entre augmentations générales et individuelles. Pendant le pic inflationniste, en 2022 et 2023, environ 80 % des enveloppes d’augmentation étaient consacrées aux augmentations générales. Début 2026, cette part est revenue autour de 50 %. Conséquence ? Lorsque les augmentations deviennent plus ciblées, l’entreprise doit davantage justifier ses choix de répartition.
Tendance 4 – Un nouveau sujet à intégrer : les salariés expérimentés
À cette équation salariale s’ajoute depuis fin 2025 un nouveau thème obligatoire de dialogue social. La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 crée une négociation spécifique sur l’emploi, le travail et l’amélioration des conditions de travail des salariés expérimentés dans les entreprises et groupes d’au moins 300 salariés concernés par l’obligation de négocier. Pour les DRH, cela suppose une connaissance suffisamment fine de cette population : effectifs par âge, rémunérations, trajectoires professionnelles, conditions de travail ou fins de carrière.
À retenir
Dans les entreprises et groupes d’au moins 300 salariés dotés de délégués syndicaux, cette négociation sur les salariés expérimentés doit être engagée tous les trois ans par défaut (article L. 2242-13 du Code du travail). En l’absence d’accord ou de plan d’action, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 prévoit un malus sur les cotisations vieillesse et veuvage employeur, dont le niveau sera précisé par décret.
Pourquoi certaines NAO aboutissent mieux que d’autres
À enveloppe salariale comparable, toutes les négociations n’aboutissent pas de la même manière. Pour Fouzia El Koufi, DRH Executive chez Colas Mayotte, la différence se joue d’abord dans la préparation.
Le partage des données, une base de discussion commune
Premier facteur de réussite : disposer de données fiables, mais surtout suffisamment complètes pour constituer une base de discussion commune. Résultats de l’entreprise, inflation, données RH, benchmark… Fouzia El Koufi recommande de transmettre ces éléments en amont plutôt que de les dévoiler au fil des réunions. « La transmission d’un dossier complet six semaines avant la première réunion est fondamentale », explique-t-elle à partir de son expérience. Une information partagée suffisamment tôt permet aux représentants du personnel de vérifier les chiffres, de les analyser et de construire leurs propres propositions. « Nous sommes passés d’une logique de revendications à une logique de co-construction », constate Fouzia El Koufi.
Le calendrier, facteur décisif d’une négociation apaisée
Le calendrier constitue le deuxième facteur clé. Attendre les semaines précédant la première réunion conduit souvent la direction à répondre aux demandes de données au fil de l’eau. À l’inverse, une préparation en amont permet aux partenaires sociaux de formuler des contre-propositions argumentées. Dans l’expérience de Fouzia El Koufi, cette anticipation a eu un effet concret : « Les organisations syndicales sont venues avec des propositions chiffrées. » La première réunion peut alors se concentrer sur les arbitrages : niveau de l’enveloppe, populations prioritaires, répartition ou mesures complémentaires. À la clé, selon elle, « un gain de temps, un « apaisement du climat et des échanges centrés sur le fond plutôt que sur la forme ».
Les leviers de négociation, au-delà de la seule augmentation générale
Troisième facteur : ne pas enfermer la discussion dans un face-à-face autour du seul taux d’augmentation générale. Lors d’une négociation, Fouzia El Koufi a choisi de répartir l’enveloppe entre plusieurs leviers : augmentation générale, prime de partage de la valeur et budget consacré à la qualité de vie au travail. L’enjeu ? Agir à la fois sur le pouvoir d’achat immédiat et sur des objectifs de plus long terme. « Cela a permis de répondre au pouvoir d’achat immédiat, tout en investissant sur l’attractivité et la fidélisation à moyen terme », précise-t-elle.
Le suivi de l’accord, l’étape souvent négligée
La réussite d’une NAO se mesure aussi après la signature. Fouzia El Koufi recommande de suivre formellement l’application de l’accord, par exemple à travers un comité semestriel associant les partenaires sociaux. Dans son expérience, ce suivi a permis de vérifier concrètement l’exécution des mesures négociées : « Les engagements pris ont été tenus et mesurés. La confiance s’est installée dans la durée. Pour l’entreprise, une stabilité sociale. Pour les partenaires, la preuve que la signature a un sens concret. »
NAO : ce que les données de paie apportent à la négociation
Une méthode ne suffit pas. Encore faut-il savoir quels indicateurs regarder et comment les transformer en leviers de négociation. « Chaque entreprise va faire des NAO de façon différente », prévient Lucas Lewczuk, spécialiste du Compensation and Benefits, du contrôle de gestion sociale et de la data RH au sein du groupe Crédit Agricole.
Le compa-ratio, pour situer chaque salaire au-delà de l’augmentation annuelle
Premier réflexe : ne pas limiter l’analyse à l’augmentation proposée pour l’année à venir. Suivre l’évolution des rémunérations sur trois ans permet d’identifier les catégories qui ont davantage progressé, celles qui ont décroché et les écarts qui se sont installés dans le temps. Pour comparer des salariés de même niveau, Lucas Lewczuk privilégie la médiane à la moyenne pour les données internes.
À partir de celle-ci, le compa-ratio mesure le positionnement d’un salaire par rapport à la rémunération de référence de son grade : un ratio de 100 % correspond à la médiane ; 82 % signifie que le salarié se situe 18 % en dessous. Cet indicateur permet de repérer les positions qui nécessitent une analyse avant les arbitrages.
Grade et rémunération, un alignement à vérifier
Autre contrôle clé : rapprocher la situation du salarié avant et après la NAO. Lucas Lewczuk recommande notamment de suivre les changements de grade et de coefficient, trop souvent dissociés des revalorisations. Une promotion ou un élargissement durable des responsabilités doit en effet se traduire dans le positionnement du salarié.
Par exemple, lorsqu’un collaborateur occupe pendant plus de six à huit mois un périmètre élargi et conserve ces responsabilités, l’évolution doit être traitée comme structurelle : changement de grade, de coefficient et, le cas échéant, de rémunération. À l’inverse, une mission ponctuelle relève davantage d’une prime exceptionnelle. Croiser promotions, classifications et augmentations permet ainsi de repérer les décalages avant qu’ils ne deviennent un sujet de négociation.
Le décrochage à la grille, un signal à repérer avant la négociation
Les données de paie permettent de situer chaque salarié dans sa fourchette de rémunération et de repérer les écarts qui nécessitent une action. Cette cartographie est particulièrement utile lorsque les minima conventionnels ou le SMIC (comme en 2026) progressent et compriment les écarts salariaux, notamment pour les salariés positionnés juste au-dessus des minima. « L’enjeu est de regarder si la personne est en dessous de la grille salariale et s’il y a une action à mener », résume Lucas Lewczuk.
Plutôt que de découvrir ces situations pendant la négociation, l’entreprise peut les identifier en amont, mesurer le nombre de salariés concernés et chiffrer le coût d’un éventuel rattrapage. L’analyse peut aussi faire ressortir les populations sensibles : métiers critiques, compétences rares ou collaborateurs clés, y compris dans les fonctions support.
Simulation de scénarios : ajuster les bons curseurs en vue des NAO
Une fois la cartographie interne établie, reste à tester plusieurs clés de répartition de l’enveloppe. L’objectif n’est plus seulement de savoir combien l’entreprise peut consacrer aux augmentations, mais de mesurer les effets de chaque scénario sur la masse salariale et les différentes populations.
1 – Arbitrer entre augmentation générale et individuelle
Premier choix : répartir l’enveloppe entre augmentation générale (AG) et augmentation individuelle (AI). La première répond davantage à un enjeu collectif de pouvoir d’achat ; la seconde permet de différencier les revalorisations selon la performance, le positionnement salarial ou les priorités de l’entreprise. Il n’existe pas de combinaison universelle. Pour Lucas Lewczuk, le contexte économique doit guider l’arbitrage. En période de forte tension sur les prix, miser uniquement sur l’individuel peut notamment fragiliser le dialogue social. La simulation permet alors de tester plusieurs équilibres : quelle part consacrer à une mesure collective ? Combien reste-t-il pour l’individuel ? Et quelles populations bénéficieront effectivement de cette deuxième enveloppe ?
2 – Croiser positionnement salarial et performance
Le second niveau de simulation porte sur la répartition entre les salariés. Lucas Lewczuk utilise pour cela une matrice qui croise le compa-ratio et son niveau de performance. Cette lecture évite de répartir l’enveloppe de manière uniforme ou au seul « bon vouloir du manager ». Deux collaborateurs présentant la même performance peuvent ainsi recevoir des augmentations différentes si l’un est déjà situé en haut de sa fourchette salariale et l’autre nettement en dessous de la médiane interne. L’enjeu est de rendre la logique de répartition explicite avant même l’ouverture de la négociation.
3 – Chiffrer l’ensemble des mesures
Dernière étape : vérifier que chaque scénario reste compatible avec l’enveloppe fixée. Car l’AG et l’AI ne sont pas les seules lignes à financer. Promotions, éventuels rattrapages et mesures annexes doivent également être chiffrés séparément. L’intérêt est de rendre les arbitrages visibles. Cette ventilation suppose également de distinguer ce qui relève d’une augmentation pérenne d’une mesure ponctuelle. Lucas Lewczuk rappelle ainsi qu’une mission exceptionnelle peut donner lieu à une prime, quand une évolution durable des responsabilités doit plutôt être traitée par le grade ou le salaire de base.
En pratique
Une entreprise dispose d’une enveloppe équivalente à 1,6 % de sa masse salariale pour sa NAO 2027. Elle teste trois scénarios avant la première réunion :
- 100 % en augmentation générale : un geste identique pour tous, simple à expliquer, mais qui ne corrige aucun écart de grille et laisse les compa-ratios les plus bas inchangés
- 100 % en augmentation individuelle : un ciblage fort sur les populations décrochées, mais un signal collectif faible et un risque de crispation si les critères ne sont pas explicités
- Scénario mixte (1 % AG + 0,6 % AI ciblée) : un socle collectif maintenu, complété par une enveloppe individuelle concentrée sur les salariés sous le compa-ratio de 90 %, chiffrée et documentée poste par poste.
C’est ce troisième scénario, présenté chiffré dès la première réunion, que l’entreprise apporte à la table, au lieu de le découvrir ou de l’improviser en cours de négociation.
Transparence salariale : quels changements dans la préparation des NAO ?
La directive européenne 2023/970 du 10 mai 2023 sur la transparence des rémunérations renforce les exigences de justification des écarts salariaux. Il ne suffit plus de constater qu’un salarié gagne davantage qu’un autre : l’entreprise doit pouvoir expliquer ces différences à partir de critères objectifs et comparables. Pour Lucas Lewczuk, cela suppose notamment de raisonner en travail de valeur égale et de ne pas comparer de simples intitulés de poste sans tenir compte du niveau de responsabilité, de l’expérience ou encore de la rareté du profil. « C’est ainsi que l’on va pouvoir justifier les écarts », explique-t-il.
Cette exigence modifie une partie du travail en amont des NAO. Avant même de construire les scénarios d’augmentation, les RH doivent avoir vérifié leurs classifications, formalisé leurs critères de rémunération et identifié les écarts qui nécessitent une analyse ou un rattrapage. L’objectif est d’éviter de découvrir, au moment de la négociation, des différences difficiles à expliquer.
Les entreprises peuvent également aller au-delà des écarts bruts. Des méthodes statistiques, comme la décomposition d’Oaxaca-Blinder ou les régressions multiples, permettent par exemple de distinguer la part d’un écart liée à des facteurs objectivables de celle qui reste inexpliquée. L’enjeu est surtout stratégique : tester la robustesse des écarts avant de les exposer aux représentants du personnel.
Les entreprises qui auront déjà construit leurs grilles, formalisé leurs critères d’attribution et passé en revue leurs écarts seront donc mieux armées pour préparer leurs NAO. La transparence salariale allonge ainsi la phase préparatoire : le travail sur les classifications et l’équité salariale doit précéder celui sur l’enveloppe et les scénarios de répartition.
La NAO comme révélateur du pilotage social
La NAO n’est pas qu’une obligation légale : c’est un moment de vérité sur la qualité des données sociales de l’entreprise. Les DRH qui la redoutent ont souvent une intuition juste : leur vrai problème n’est pas la négociation elle-même, c’est la fiabilité de ce qu’ils auraient à montrer une fois assis à la table.
Ceux qui l’abordent avec sérénité ont, la plupart du temps, résolu ce problème bien en amont. Pas en une semaine de préparation intensive au moment de la convocation, mais en construisant progressivement, tout au long de l’année, une infrastructure de données qu’ils maîtrisent : masse salariale désagrégée, trajectoires par catégorie, écarts documentés, scénarios chiffrés. Cette préparation ne s’improvise pas en trois semaines. Elle se construit dès septembre, pour les NAO qui s’ouvriront à l’automne.
Laure Girardot
Journaliste indépendante spécialisée RH, management et qualité de vie au travail, Laure connaît ces sujets de l’intérieur : elle a d’abord exercé en conseil et change management avant de prendre la plume. Elle signe enquêtes, reportages et analyses pour le Parisien, Courrier Cadres, Maddyness, et des entreprises qui veulent donner du fond à leur prise de parole. Sur le blog de Silae, elle explore les grandes mutations qui redessinent le travail : nouvelles pratiques RH, évolutions réglementaires, enjeux managériaux…
FAQ – Vos questions les plus fréquentes sur la préparation des NAO
La NAO est-elle obligatoire même si l'entreprise n'a pas de délégué syndical ?
Non, l’obligation de négocier ne s’applique qu’aux entreprises dotées d’un délégué syndical. En l’absence de délégué syndical, l’entreprise n’est pas soumise à l’obligation annuelle de négocier sur les salaires. Elle peut néanmoins engager des discussions salariales avec d’autres représentants du personnel (membres du CSE, représentants de proximité) ou procéder à des revalorisations unilatérales. Dans les entreprises de moins de 50 salariés sans représentant du personnel, l’employeur décide seul. L’absence de NAO formelle ne dispense pas, en revanche, de respecter les minima conventionnels et légaux, dont la vérification reste une obligation permanente.
Que se passe-t-il si aucun accord n'est trouvé à l'issue des NAO ?
Un procès-verbal de désaccord est établi, et l’employeur peut fixer unilatéralement les conditions salariales. L’échec de la négociation ne bloque pas l’entreprise : elle peut appliquer les revalorisations qu’elle avait proposées, dans le respect des minima légaux et conventionnels. En revanche, un PV de désaccord répété plusieurs années consécutives constitue un signal social négatif. Il peut alimenter un contentieux, fragiliser le climat social lors des prochaines négociations et compliquer les futures discussions sur d’autres thèmes obligatoires. Les entreprises qui en arrivent là ont souvent sous-estimé le coût d’une préparation insuffisante par rapport à celui d’une négociation mal engagée.
Comment traiter le cas d'un salarié dont le salaire est supérieur au maximum de sa fourchette de rémunération ?
C’est l’une des situations les plus délicates à gérer lors de la préparation des NAO. Un salarié qui a dépassé le haut de sa fourchette — souvent par accumulation d’augmentations individuelles sur plusieurs années — se retrouve dans une impasse : il ne peut pas progresser davantage dans sa grille sans changer de grade, mais sa performance ou ses responsabilités ne justifient pas nécessairement une promotion. En pratique, trois options existent : réviser la fourchette si elle est structurellement trop basse, engager une discussion sur une évolution de poste, ou privilégier des éléments variables plutôt que des augmentations de base. Identifier ces situations avant la négociation évite de les découvrir en séance.
Les accords de performance collective peuvent-ils se substituer à une NAO ?
Non, ils poursuivent des objectifs distincts et ne se substituent pas l’un à l’autre. Un accord de performance collective (APC) permet à l’entreprise de modifier temporairement certaines conditions de travail et de rémunération en contrepartie du maintien de l’emploi, notamment en période de difficultés économiques. Il n’a pas vocation à remplacer la négociation annuelle obligatoire sur les salaires, qui porte sur la politique salariale de l’entreprise dans son ensemble. Les deux dispositifs peuvent coexister, mais leurs logiques sont différentes : l’un est un outil de gestion de crise, l’autre un exercice régulier de dialogue social sur la répartition de la valeur.
Comment anticiper l'impact des revalorisations du SMIC en cours d'année sur les enveloppes NAO déjà négociées ?
En intégrant dès la négociation une clause de révision ou un scénario de revalorisation anticipée. Quand un accord NAO est signé en décembre ou janvier, il n’intègre pas encore une éventuelle revalorisation du SMIC en cours d’année. Si cette revalorisation intervient et que certains salaires se retrouvent sous le nouveau plancher, l’entreprise doit procéder à des mises à niveau qui n’étaient pas budgétées. Les entreprises qui anticipent ce risque prévoient soit une clause de révision automatique liée au SMIC dans leur accord, soit une enveloppe de réserve non affectée pour absorber une revalorisation en cours d’année. Dans un contexte où deux revalorisations sont intervenues en six mois en 2026, cette précaution est devenue une bonne pratique de gestion budgétaire.
Comment impliquer les managers dans la préparation des NAO sans leur donner accès aux données individuelles de rémunération ?
En leur donnant accès à des indicateurs agrégés sur leur périmètre, pas aux données nominatives. Un manager a besoin de savoir si son équipe est globalement bien positionnée dans les fourchettes salariales, si certains profils décrochent et si ses propositions d’augmentation sont cohérentes avec les critères de l’entreprise. Il n’a pas besoin (et ne doit pas avoir accès) aux salaires individuels de ses collègues ou à des données qui permettraient des comparaisons non encadrées. Des tableaux de bord managériaux limités au compa-ratio moyen de l’équipe, à la répartition dans les fourchettes et aux signaux d’alerte identifiés par les RH suffisent à les rendre acteurs sans créer de risque de confidentialité ou d’équité.
Vos NAO se préparent avec les données dont vous disposez déjà
Masse salariale désagrégée, trajectoires par catégorie, compa-ratios, scénarios d’augmentation chiffrés… Ces indicateurs existent déjà, dispersés dans votre système de paie. mySilae BI les consolide et les met à jour en continu, pour que la préparation de vos NAO commence en septembre, pas trois semaines avant la première réunion.

