Illustration d'une horloge et d'un calendrier pour anticiper les chantiers RH à mettre en place avant les premières demandes de congés de naissance supplémentaires

Congé de naissance 2026 : 5 chantiers RH à ouvrir avant l’été  

Le 1er juillet 2026 marque l’entrée en vigueur d’un nouveau droit social qui pourrait rebattre les cartes de la parentalité en entreprise : le congé de naissance. Né de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (article 99), ce dispositif vient compléter les congés maternité et paternité existants avec une ambition claire : lever les freins économiques qui limitaient jusqu’ici le recours au congé parental. Pour les directions RH, c’est à la fois une bonne nouvelle pour les salariés et un sujet d’organisation à traiter sans attendre. 

Pendant des années, le congé parental d’éducation (CPE) a existé sur le papier sans convaincre dans les faits. Indemnisé à hauteur d’environ 448 € par mois via la PreParE, il impliquait un sacrifice financier trop important pour la majorité des ménages. Résultat : peu de pères y recouraient moins de 1 % tout de même (OFCE, 2021) – et les mères qui s’en saisissaient fragilisaient souvent leur trajectoire professionnelle.

Le congé de naissance vise précisément à corriger cet angle mort. En rémunérant l’absence à 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second, et en ouvrant ce droit aux deux parents à titre individuel, il crée des conditions inédites pour un recours plus équilibré. Loin d’un aménagement marginal, c’est un changement structurel dans la logique de politique familiale des entreprises. Et il soulève une question de taille pour les DRH : êtes-vous prêts à le gérer correctement dès cet été ?

Ce que dit la loi : les repères clés pour les employeurs  

Qui est concerné ?  

Le congé de naissance est ouvert à chaque parent d’un enfant né ou adopté à compter du 1er janvier 2026, y compris pour les naissances prématurées dont le terme était prévu après cette date. Les deux parents disposent de ce droit à titre individuel et peuvent le prendre simultanément ou en alternance. 

Pour les naissances intervenues entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, le congé pourra être demandé à partir du 1er juillet 2026, dans un délai allant jusqu’au 31 mars 2027. 

Combien de temps ?  

Le salarié peut choisir entre un mois ou deux mois de congé. Le fractionnement est possible lorsque le congé est pris sur deux mois, sous réserve de l’accord de l’employeur. 

Ce congé doit être pris à la suite immédiate du congé maternité ou du congé paternité. Il ne peut pas être décalé librement dans le temps : il s’inscrit dans une continuité avec les congés légaux existants. 

Quelle indemnisation ?  

Le congé de naissance est pris en charge par la Sécurité sociale, selon les conditions suivantes :

  • 70 % du salaire net pour le premier mois
  • 60 % du salaire net pour le second mois 

Aucun maintien de salaire n’est légalement obligatoire de la part de l’employeur, sauf si la convention collective applicable prévoit des dispositions plus favorables. En pratique, les entreprises qui pratiquent la subrogation devront anticiper le flux des indemnités journalières dans leur gestion de paie. 

À retenir

Pendant le congé de naissance, le contrat de travail est suspendu. Le salarié bénéficie d’une protection contre le licenciement, sauf en cas de faute grave ou de motif étranger à la naissance. Une règle à intégrer dans les processus RH, notamment pour les gestionnaires d’équipes qui seraient tentés d’anticiper des décisions de rupture avant ou après la prise de ce congé. 

Ce que ça change concrètement pour votre organisation  

Un nouveau flux d’absences à piloter dès l’été  

Les naissances du premier semestre 2026 sont déjà dans vos effectifs. Une partie de vos salariés, pères et mères, peuvent légalement demander ce congé dès le 1er juillet. Sans recensement préalable des naissances survenues depuis janvier, vous risquez d’être pris de court. 

Premier réflexe : identifier les salariés potentiellement concernés et anticiper les absences sur les mois de juillet à septembre. Dans les petites structures, l’absence simultanée de deux salariés parents peut avoir un impact direct sur l’activité. Dans les grandes organisations, c’est la coordination entre managers, RH et paie qui doit être rodée avant le démarrage. 

Un paramétrage SIRH à faire maintenant  

Le congé de naissance est un nouveau type d’absence qui n’existait pas jusqu’ici. Il doit être créé dans votre SIRH avec les bons paramètres : rattachement aux indemnités journalières Sécurité sociale, gestion de la subrogation si elle s’applique, lien avec le suivi des droits conventionnels… 

Si vous externalisez votre paie ou si vous travaillez avec un partenaire, c’est le moment de vérifier qu’il a intégré ce dispositif dans son logiciel et qu’il est en mesure de le gérer opérationnellement dès juillet. 

Des accords collectifs à réviser avant octobre  

La LFSS 2026 prévoit que les entreprises disposant d’un accord collectif existant sur les congés liés à la parentalité doivent négocier une mise en conformité avant le 1er octobre 2026. Passé cette date, les dispositions légales s’appliquent de plein droit. Si vous avez un accord en vigueur, c’est un chantier à ouvrir dès maintenant avec les représentants du personnel. 

Une communication salarié à structurer  

Le congé de naissance crée un nouveau droit. Les salariés concernés ne le connaissent pas encore et certains managers non plus. Une communication claire via l’espace salarié, une note RH ou un temps dédié en réunion d’équipe limite les incompréhensions et les demandes mal formulées qui atterrissent en urgence dans les boîtes mail des RH. 

En pratique 

Dans une équipe de 8 personnes, deux salariés deviennent parents entre février et mars 2026. Jusqu’ici seul le congé paternité était pris côté masculin.

À partir du 1er juillet :

  • Les deux salariés peuvent demander 1 à 2 mois de congé de naissance
  • Leurs absences peuvent se chevaucher avec les congés d’été

Sans anticipation, il y a un vrai risque de surcharge pour le reste de l’équipe, de tensions managériales, de désorganisation opérationnelle ou encore d’erreurs en paie.

Les 5 points de vigilance avant le 1er juillet  

1Vérifier les conventions collectives applicables  

Certaines branches prévoient déjà des dispositions sur le congé parental ou les droits liés à la naissance. L’arrivée du congé de naissance peut créer des conflits de normes ou, au contraire, ouvrir des droits supplémentaires pour les salariés. Un audit rapide des accords en vigueur est indispensable. 

2Anticiper la gestion de la subrogation

Si votre entreprise pratique la subrogation c’est-à-dire si elle avance les indemnités journalières aux salariés avant de se les faire rembourser par la Sécurité sociale , assurez-vous que le flux est bien paramétré pour ce nouveau dispositif. Une absence non tracée correctement génère des erreurs de paie et des complications de régularisation. 

3Documenter les demandes et délais de prévenance  

La loi prévoit un délai de prévenance pour le salarié souhaitant prendre ce congé (délai réduit à quinze jours lorsque le congé fait directement suite au congé de paternité). Mettez en place un processus de collecte des demandes pour assurer la traçabilité, via notamment un formulaire et/ou une déclaration sur l’espace salarié. 

4Former les managers de proximité  

Le premier interlocuteur du salarié n’est pas le/la DRH, c’est son manager. Un manager qui ne connaît pas le dispositif peut générer de la confusion, voire des situations délicates si une demande est mal orientée. Une note d’information courte et opérationnelle suffit à sécuriser ce point. 

5Distinguer congé de naissance et congé parental d’éducation  

Les deux dispositifs coexistent. Le congé de naissance doit être pris avant tout congé parental d’éducation : il ne s’y substitue pas, mais s’y articule. Cette distinction doit être claire dans vos outils et dans la communication faite aux salariés.

Ce que le congé de naissance révèle comme tendance de fond

Au-delà de la technicité réglementaire, ce nouveau dispositif s’inscrit dans une tendance plus large : celle d’une politique sociale qui attend des entreprises qu’elles ne se contentent plus de la conformité minimale, mais qu’elles intègrent la parentalité comme un enjeu de performance sociale à part entière. 

Les entreprises qui anticipent, via le paramétrage, la communication ou encore lanégociation collective, transforment cette contrainte en signal positif pour leurs collaborateurs. Celles qui subissent les premières demandes sans y être préparées prennent un risque d’image interne, et parfois de conformitéCar ce que vos salariés retiendront, ce n’est pas la loi. C’est la façon dont leur demande a été traitée. Vite, clairement, sans friction. 

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