Illustration d'entreprises, bulletins et DSN illustrant combien l'année 2026 est à part, tant la vérité des données devient primordiale.

Muriel Marques : « En 2026, la paie est mise à l’épreuve de la vérité des données »  

En 2026, la paie ne ressemble plus tout à fait à ce qu’elle était il y a trois ans. Les bulletins sont toujours là. Mais derrière eux, les règles du jeu ont changé. Muriel Marques, VP Product Management Paie chez Silae, pose un regard sans concession sur les réformes en cours qui redessinent le métier de la paie et des professionnels de la gestion sociale. Pour elle, il ne s’agit pas seulement d’une question de conformité : c’est un test de maturité pour les organisations et leurs outils. 

Les réformes 2026-2027 marquent le moment où la paie doit grandir. Que voyez-vous comme mutation profonde du métier ?  

Muriel Marques : Ce qui change profondément, c’est que la paie ne s’arrête plus au calcul du bulletin. Elle s’inscrit désormais dans une logique de suivi et de contrôle, avec une exigence renforcée autour de la DSN et du fait générateur. Autrement dit, produire une paie juste ne suffit plus si vous ne pouvez pas en maîtriser les effets dans le temps. Les équipes doivent suivre les données, anticiper les corrections et travailler plus étroitement avec les RH et les managers. 

C’est un véritable changement de posture : les données sont contrôlées en continu et, dans certains cas, les organismes peuvent intervenir pour corriger des anomalies lorsque celles-ci ne sont pas traitées malgré les alertes.  

Autre enjeu clé : la lisibilité du bulletin de paie. À mesure que les règles se complexifient, il devient plus difficile de les rendre compréhensibles pour le salarié. Or, c’est précisément à ce moment-là que cette clarté estessentielle. Le bulletin devient un enjeu de confiance, pas seulement de conformité. 

Sur le terrain, quel est le piège dans lequel les entreprises risquent de tomber ?  

M.M. : Le piège consiste à continuer de gérer certains éléments primes, rappels, régularisations ou indemnités selon leur date de versement, alors que la logique attendue repose désormais sur leur période de rattachement. 

De la même manière, il ne suffit plus de déposer une DSN pour être en conformité. Le risque ne tient plus seulement à l’oubli déclaratif, mais à la présence de données incohérentes ou insuffisamment corrigées, susceptibles de générer des anomalies persistantes, voire d’entraîner des mécanismes de substitution. 

Les premiers CRM de rappel illustrent déjà ces points d’attention, en mettant en évidence des anomalies liées notamment à des données substituables. Le véritable enjeu n’est donc pas la règle en elle-même. Ce qui fait la différence c’est la capacité de l’organisation à fiabiliser ses données en amont, pour absorber ces évolutions efficacement. 

Les attentes DRH et gestionnaires de paie ont-elles déjà changé ?  

M.M. : Absolument. Les DRH veulent de la lisibilité : quel impact sur ma masse salariale ? Quels risques sur mes déclarations ? Les gestionnaires, eux, recherchent davantage de sérénité : moins de corrections manuelles, plus de contrôles en temps réel. Ils veulent savoir précisément où ils en sont, avec des tableaux de bord fiables et une traçabilité robuste. Et surtout, ils veulent arrêter de jouer les détectives sur les données manquantes. La conformité devient un sujet partagé, pas un silo propre à la paie. 

Dans ce contexte, à quoi reconnaît-on un logiciel de paie qui fait vraiment la différence ?  

M.M. : Principalement à sa capacité à aider les équipes à mieux maîtriser la complexité au quotidien. Au-delà des discours marketing, un bon outil permet d’identifier plus tôt certaines anomalies, d’assurer une gestion maîtrisée de la rétroactivité et du fait générateur, et de s’appuyer sur des dispositifs d’alerte et de traitement des incohérences DSN. 

Il ne se limite pas à produire un calcul conforme : il apporte des points de contrôle, de la visibilité et des repères pour fiabiliser le flux déclaratif dans la durée. 

Depuis mars 2026, les solutions qui intègrent ces mécanismes facilitent la gestion des substitutions et permettent aux équipes de gagner en anticipation, là où d’autres restent davantage dans le traitement correctif. 

Un mot, un geste, un conseil pour être prêt en 2027 ?  

M.M. : Le fait générateur constitue un basculement discret, mais réellement structurant. Ce qui peut sembler technique soulève, en réalité, un enjeu plus large : la qualité et la structuration des données en amont, ainsi que leur circulation dans les processus.  

Mon conseil : assurez-vous que vos outils seront en capacité d’intégrer ces nouvelles logiques. Anticiper ces points permet d’aborder progressivement la réforme et d’éviter des ajustements dans l’urgence. Les organisations qui le comprennent maintenant auront une longueur d’avance durable.

Couverture de l'ebook Sécuriser la paie dace aux nouvelles exigences réglementaires 2026-2027.

2027 approche. Vos process paie sont-ils à la hauteur des nouvelles exigences ?

Fait générateur, DSN de substitution, RGDU… Les réformes 2026-2027 redéfinissent ce qu’une paie conforme veut dire. Silae et Culture RH décryptent les enjeux et vous donnent les clés pour anticiper, plutôt que de rattraper.

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