
Nos chiffres exclusifs
1 salarié sur 4
Ne cotise à aucune complémentaire santé chez son employeur actuel, malgré l’obligation légale de 2016. Cette situation recouvre des réalités différentes, notamment des cas de dispense prévus par la réglementation.
99,05 % vs 89,94 %
Ce sont les taux de couverture prévoyance observés chez les cadres et les non-cadres. Un écart de près de 10 %, directement lié à l’obligation patronale de 1947 qui ne s’applique historiquement qu’aux cadres.
x11
C’est l’écart de taux d’accès à l’épargne salariale entre une TPE (2,54 %) et une entreprise de 250 à 499 salariés (28,18 %). Dans certaines TPE, les montants moyens observés peuvent, en revanche, dépasser ceux relevés dans des entreprises plus grandes.
12 090 € vs 749 €
On constate jusqu’à 16 fois d’écart entre les montants moyens d’épargne salariale observés selon la taille de l’entreprise et le secteur d’activité. Dans les entreprises de 500 salariés et plus, elle atteint notamment 12 090 € dans la finance contre 749 € dans l’enseignement.
Le projet
La paie comme observatoire du travail réel
Chaque mois, plus de 8 millions de bulletins de paie sont traités via notre plateforme, en lien étroit avec un réseau de plus de 6 000 partenaires présents sur l’ensemble du territoire. Un observatoire sans équivalent qui permet de traduire en données concrètes le quotidien des entreprises françaises : rémunérations, absences, temps de travail, protection sociale, partage de la valeur…
Pris individuellement, ces éléments racontent une situation de travail. Observés à grande échelle et dans le temps, ils permettent de faire apparaître des tendances que les moyennes nationales ou les enquêtes déclaratives ne donnent pas toujours à capter.
Le Baromètre social s’inscrit dans cette logique : utiliser la donnée de paie, anonymisée et agrégée, pour observer le travail tel qu’il se traduit réellement dans les entreprises. Pas pour commenter l’actualité sociale, mais pour l’éclairer par des faits mesurables.
Édition 3
La protection sociale : ce que les moyennes ne racontent pas
Pour cette troisième édition, nous avons choisi d’examiner la protection sociale : complémentaire santé, prévoyance, épargne salariale. Trois dispositifs souvent présentés comme des acquis, mais dont l’accès réel dépend fortement du statut, de la taille de l’entreprise ou du secteur d’activité.
Le plancher légal, censé garantir un socle commun à tous, se révèle bien souvent un plafond de fait pour une large part des salariés. Voir ces écarts, c’est déjà commencer à les comprendre. C’est tout l’objet de cette troisième édition.
Au programme
Trois enseignements qui bousculent les idées reçues
La complémentaire santé profite-t-elle à tous de la même façon ? La prévoyance des cadres est-elle vraiment universelle ? Les grandes entreprises sont-elles les plus généreuses en matière d’épargne salariale ?
Pour cette édition, nous avons analysé les données de paie pour mesurer ce qui sépare parfois le principe de protection de sa réalité. Statut, âge, temps de travail, taille de l’entreprise, secteur d’activité… Derrière des dispositifs collectifs se dessinent des situations très différentes.
Complémentaire santé : l'obligation légale ne suffit pas à l'égalité
La généralisation de la complémentaire santé devait installer un socle commun. Dans les données observées, près d’un salarié sur quatre n’est pourtant pas affilié à la complémentaire santé de son entreprise. Cette situation recouvre des réalités différentes, notamment des cas de dispense prévus par la réglementation. Mais elle ne touche pas tous les salariés de la même manière : les CDD, les salariés à temps partiel et les moins de 30 ans sont davantage représentés parmi les non-affiliés.
Prévoyance : la fracture statutaire entre cadre et non-cadres
La prévoyance collective est largement installée chez les cadres : 99,05 % d’entre eux bénéficient d’une couverture dans les données analysées. Chez les non-cadres, ce taux atteint 89,94 %. L’écart peut sembler limité. Il représente pourtant une différence importante à l’échelle de plusieurs millions de salariés. Et l’accès au dispositif ne dit pas tout. Derrière le fait d’être couvert se pose une autre question : celle du niveau réel de protection offert en cas d’incapacité, d’invalidité ou de décès.
Épargne salariale : l'inégalité d'accès aux dispositifs de partage de la valeur
L’accès à l’épargne salariale reste fortement lié à la taille de l’entreprise. Entre une TPE et une entreprise de 250 à 499 salariés, le taux d’accès est multiplié par 11. Mais la donnée fait apparaître un paradoxe. Lorsque des dispositifs d’épargne salariale existent, travailler dans une grande entreprise augmente fortement la probabilité d’accéder à l’épargne salariale. Mais une fois le dispositif en place, être salarié d’une petite entreprise ne signifie pas nécessairement recevoir moins.
En bonus - Des portraits de protection qui cumulent les écarts
Pris séparément, l’âge, le statut, le temps de travail, la taille de l’entreprise ou encore son secteur font apparaître des différences parfois importantes. Mais que se passe-t-il lorsque plusieurs de ces caractéristiques se rencontrent ? À partir des tendances observées dans les données, nous avons construit plusieurs profils types. Ils ne décrivent pas des salariés réels et n’ont pas vocation à établir un lien de causalité. Ils permettent de rendre visibles, très concrètement, les écarts que peuvent dessiner plusieurs facteurs lorsqu’ils se combinent.
Les regards croisés de nos experts
La méthodologie
Une approche rigoureuse, ancrée dans le réel
Ce baromètre repose sur un matériau rarement mobilisé à cette échelle : les données issues des bulletins de paie. Contrairement aux enquêtes déclaratives, cette approche observe ce qui se passe réellement dans les entreprises : dans les lignes de cotisation santé, de prévoyance et d’épargne salariale.
Pour cette édition, l’analyse s’appuie sur plus de 7,5 millions de bulletins traités chaque mois entre juillet 2025 et juin 2026, issus de plus d’un million d’entreprises clientes, majoritairement des TPE et PME. Soit plus d’un tiers des salariés du secteur privé français.
Les indicateurs mobilisés mesurent la présence et le niveau des cotisations sociales figurant sur le bulletin de paie, sur une fenêtre d’observation glissante de 12 mois, ce qui permet de lisser les effets saisonniers. L’ensemble des analyses a été réalisé à partir de données anonymisées, dans un cadre strictement conforme au RGPD.

