
Quand un salarié pose un arrêt maladie, l’entreprise connaît la durée de l’arrêt prescrit, mais pas son motif, ni la date à laquelle il reprendra effectivement son poste. Quand l’absence se prolonge, elle suit presque toujours la même trajectoire : l’équipe se réorganise sans lui, la question de son remplacement se pose ouvertement, et parfois, plus personne n’échange un mot avec lui. Non par indifférence, mais parce que chacun redoute de mal s’y prendre.
Cette situation se pose avec une acuité particulière pour les arrêts liés à des troubles psychologiques. Selon l’étude 2026 de Malakoff Humanis, ils représentent désormais 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours, une proportion en hausse de 25 % depuis 2020. Le Datascope 2026 d’AXA France va plus loin : pour la première fois en 2025, plus de la moitié des arrêts longs chez les moins de 30 ans ont cette origine. Un sujet qui touche donc des trajectoires professionnelles qui commencent à peine, et qui reste largement invisible : toujours selon l’étude, un salarié concerné sur deux n’ose pas en parler à son entreprise.
Le paradoxe de la protection
Que sait réellement l’employeur d’un arrêt maladie ? Un nom, des dates, une durée… Pas de diagnostic, quelle que soit la pathologie en cause. Mais là où une fracture laisse une trace, un trouble psychologique, lui, n’est pas nécessairement perceptible par l’entourage professionnel. Cette règle découle du secret médical : le volet de l’arrêt de travail transmis à l’entreprise ne comporte ni diagnostic, ni indication sur la nature du trouble. Le principe protège le salarié d’une intrusion dans sa vie privée. Mais aussi, de fait, d’un accompagnement que l’entreprise voudrait adapter à sa situation.
Ce qui se joue est en réalité une double cécité, dont le second angle mort est moins connu. Le service de prévention et de santé au travail, lui, connaît le salarié mais n’est pas nécessairement informé de son arrêt dès le départ. « L’employeur ne connaît que les dates de l’arrêt maladie, jamais son motif. À la médecine du travail, c’est l’inverse : nous ignorons les dates, nous ne sommes même pas informés qu’un salarié est arrêté », décrit Céline Spinetto, médecin du travail et directrice médicale de Sano. L’arrêt n’est pas automatiquement signalé au service de prévention et de santé au travail. En revanche, si une visite de préreprise est organisée, l’employeur en est informé, sauf opposition du salarié.
Pour un trouble psychologique, où l’attente pour consulter un psychiatre ou engager un suivi psychologique se compte parfois en mois, cette occasion manquée peut peser dès les premières semaines de l’arrêt. La durée de l’absence constitue alors un repère concret pour proposer les dispositifs adaptés, sans jamais chercher à connaître le motif médical.
Avant l’arrêt : un signal difficile à interpréter
Le paradoxe ne commence pas avec l’arrêt, mais au moment où personne – ni le DRH, ni le service de santé au travail, ni même souvent le salarié – n’a encore de nom à mettre sur ce qui se joue. Selon une étude du GHU Paris Psychiatrie & Neurosciences et Boston Consulting Group de 2026, 24 % des salariés déclarent avoir ressenti un syndrome d’épuisement lié à leur travail au cours des cinq dernières années, et 41 % disent avoir déjà travaillé moins efficacement à cause de leur état de santé mentale. Plutôt qu’un basculement soudain, on assiste donc à une dégradation progressive qui prend forme au quotidien, dans le regard de ceux qui côtoient le salarié bien avant que le service RH n’entre en jeu.
Et c’est là que le paradoxe s’installe pour la première fois : la personne la mieux placée pour percevoir ce signal, le manager de proximité, est aussi la moins équipée pour le faire. Rien ne l’a formé à distinguer une baisse de forme passagère d’un épuisement qui s’installe. « Il faut qu’ils soient formés à la détection des signaux faibles, et qu’ils sachent qu’ils ne sont pas tout seuls », résume Céline Spinetto. Avant même qu’un arrêt soit prescrit, l’entreprise peut agir sur la charge de travail, l’organisation et les autres facteurs de risques psychosociaux. La difficulté est d’intervenir sans interpréter l’état de santé d’un salarié, ni attendre qu’une absence rende la situation visible.
Pendant l’arrêt : un silence qui protège… et qui isole
L’arrêt suspend le contrat, pas le contact
Beaucoup de DRH voudraient prendre des nouvelles d’un salarié en arrêt long, mais hésitent : un message, même bienveillant, ne risque-t-il pas d’être perçu comme une forme de pression, voire de contrôle déguisé ? « La maladie suspend le contrat, donc la prestation de travail et le salaire. Mais elle ne suspend pas la relation en totalité : on reste lié par un contrat de travail. Est-ce que cela veut dire qu’on a l’interdiction de prendre attache avec le salarié ? Non. On peut demander des nouvelles, cela ne pose aucun problème », rappelle Sofiane Coly, avocat au barreau de Lyon et associé fondateur du cabinet DAIRIA Avocats.
La finalité du contact est décisive : prendre des nouvelles n’autorise pas à demander au salarié d’accomplir une tâche. Sa fréquence et son ton comptent aussi. « Dès que le contact appelle une prestation reliée à un dossier, un simple appel client, transmettre des accès, on sort de la suspension du contrat : on demande à la personne d’accomplir un travail », ajoute celui qui agit exclusivement du côté employeur.
Concrètement, ce risque a un double visage : le salarié peut réclamer aux Prud’hommes le paiement du travail réellement demandé, et l’employeur peut se voir reprocher un manquement à son obligation de protéger la santé de ses salariés, en allant à l’encontre du repos que l’arrêt est censé garantir. Pour un trouble physique, ce cadre suffit à sécuriser le contact. Pour un trouble psychologique, une vigilance supplémentaire s’impose : le moindre soupçon de pression peut être vécu comme la reproduction du stress professionnel à l’origine même de l’arrêt.
Négocier plutôt qu’improviser
L’abstention totale de contact, elle aussi, être mal vécue. Céline Spinetto la rencontre en consultation sous une forme très reconnaissable : « Des salariés me disent : j’ai tout donné pour cette entreprise, je me retrouve en arrêt et plus personne ne me contacte. Ce n’est pas de la malveillance de la part de l’employeur, c’est juste qu’il ne sait pas comment faire. Mais du côté du salarié, cela s’entend autrement : je me suis crevée à la tâche et finalement je ne vaux même pas la peine qu’on m’envoie un message. Et cela vient nourrir la symptomatologie dépressive d’autodépréciation. »
Sa recommandation ? Négocier le contact plutôt que l’improviser, en transposant une pratique déjà installée pour les congés maternité. « On demande au salarié ce qu’il veut. Est-ce qu’on peut prendre de tes nouvelles ? Est-ce que tu veux des nouvelles du travail de temps en temps ? On peut imaginer beaucoup de choses à partir du moment où tout le monde est d’accord. Là, on ne peut pas faire de faute. »
Convenir d’un mode de contact est une bonne pratique, à condition que les échanges restent compatibles avec l’arrêt de travail et les souhaits du salarié. Deux précautions peuvent aider : l’écrit, qui permet de prouver a posteriori que le contact a bien eu lieu et dans quel cadre, et l’émetteur. « Le contact doit toujours venir du RH, jamais du manager : cela évite de laisser croire que c’est lui qui cherche à faire travailler la personne », insiste Sofiane Coly. La date de retour prévisionnelle, elle, se demande sans difficulté dès lors qu’elle sert un besoin réel d’organisation et laisse le salarié libre de se taire : « Il n’est pas obligé de répondre, mais on peut poser la question. »
À retenir
Le risque de désinsertion professionnelle – ce moment où le salarié absent finit par ne plus s’imaginer revenir – peut s’installer progressivement. Au fil des semaines, des collègues changent, des outils évoluent et le retour est plus difficile à envisager. Préparer cette étape suffisamment tôt, selon la situation et les souhaits du salarié, peut aider. Toujours selon Malakoff Humanis, 72 % des salariés bénéficiant d’un dispositif d’accompagnement reprennent une activité dans l’année, et la durée totale de leur absence est réduite de 73 jours en moyenne. Ces résultats concernent les salariés accompagnés, tous motifs d’arrêt confondus.
Informer et proposer, sans imposer
Passé trente jours d’absence, deux dispositifs peuvent être mobilisés, sans connaître le motif médical : la visite de préreprise, que le salarié peut demander pendant son arrêt pour anticiper les conditions d’un retour, et le rendez-vous de liaison, que l’employeur peut proposer sans obligation, ni sanction en cas de refus. Aucun des deux ne demande à l’employeur de trancher sur le fond, seulement d’en informer le salarié. C’est là, concrètement, le seul rôle qui lui reste : ne pas contraindre, mais ne pas non plus laisser dans l’ignorance.
Ce rôle d’information reste largement sous-exploité : rapport d’information n° 997 de l’Assemblée nationale recense, pour 2022, 2 681 rendez-vous de liaison organisés contre 467 029 visites de préreprise. Un rapport de 1 à 175. Pour un trouble psychologique, ce sous-usage a un coût spécifique : chaque semaine sans orientation est une semaine où le salarié reste seul face à des démarches qu’il ne sait parfois pas comment engager. « Les reprises qui se passent bien, ce sont celles où il y a eu des préreprises, où le dialogue a pu se réinstaurer, et où tout le monde sait comment cela va se passer », pose Céline Spinetto.
Ce que l’employeur peut faire et les limites à respecter
Sofiane Coly distingue trois situations dans lesquelles la volonté d’agir peut conduire l’employeur à dépasser son rôle. Ces limites protègent le salarié et obligent l’entreprise à organiser son accompagnement sans connaître son diagnostic.
1 – Chercher à connaître le diagnostic
Il s’agit d’une interdiction absolue. L’employeur n’a pas à contacter le médecin traitant pour obtenir des informations médicales, même s’il cherche à résoudre une difficulté administrative liée à l’arrêt. Il doit utiliser exclusivement les documents et les interlocuteurs prévus pour cette démarche. « Le secret médical est absolu, peu importe l’objet de l’échange. Ce n’est pas un motif légitime. C’est même une atteinte à une liberté fondamentale », précise Sofiane Coly.
Ce principe pèse plus lourd encore pour un trouble psychologique : un salarié concerné sur deux hésite déjà à en parler spontanément à son entreprise. La moindre tentative de l’employeur d’en savoir plus, même bien intentionnée, risque de confirmer cette crainte plutôt que de la dissiper. Le service RH doit donc construire son accompagnement à partir de la durée de l’absence, des besoins exprimés par le salarié et des préconisations que le médecin du travail peut lui communiquer.
2 – Conditionner le maintien de salaire ou les avantages à son retour
Cela ne se manifeste jamais par un geste, mais par une sanction déguisée : retenir le maintien de salaire, une prime ou un avantage parce que le salarié n’a pas joué le jeu de son retour, en refusant par exemple le rendez-vous de liaison. C’est impossible pour une raison simple : la loi exclut explicitement toute conséquence tirée d’un refus du rendez-vous de liaison. Elle fixe aussi des conditions précises au maintien de salaire que l’employeur ne peut pas alourdir de son propre chef, et interdit toute mesure défavorable fondée sur l’état de santé. Tout repose sur la seule qualité du contact humain établi en amont, celui-là même dont on a vu combien il est difficile à calibrer sans braquer.
3 – Remplacer définitivement le poste sans avoir suivi la procédure d’inaptitude
La procédure d’inaptitude est celle par laquelle le médecin du travail constate, lors de la visite de reprise, qu’un salarié n’est plus en état d’occuper son poste ou aucun poste dans l’entreprise. Tant que cette procédure n’a pas abouti, l’employeur ne peut ni supprimer le poste, ni considérer que le salarié ne reviendra pas. Il doit d’abord chercher à le reclasser. Ce n’est qu’à défaut de solution qu’il peut licencier pour inaptitude, laissant parfois l’organisation suspendue pendant des mois, sans qu’aucune des parties ne puisse trancher. Une seule autre porte de sortie existe pour l’employeur : le licenciement pour désorganisation, si l’absence perturbe le bon fonctionnement de l’entreprise au point de rendre nécessaire le remplacement définitif du salarié et si le motif n’a aucun lien avec la santé.
En pratique
La Cour de cassation a apporté deux éclairages récents sur cette situation :
- 24 septembre 2025 : la seule connaissance, par l’employeur, d’une demande de reconnaissance de maladie professionnelle qu’il conteste ne suffit pas à établir que le licenciement pour désorganisation est nul. Les juges doivent rechercher si l’arrêt est effectivement lié à une maladie professionnelle.
- 10 décembre 2025 : le médecin du travail peut, dans les conditions examinées par la Cour, constater une inaptitude pendant la suspension du contrat, malgré l’envoi de nouveaux arrêts de travail. « La cascade de prolongations n’est plus un obstacle », résume Sofiane Coly.
Le manager : le mieux placé pour voir, le moins légitime pour agir
On l’a vu : le manager de proximité peut être le premier à percevoir qu’un collaborateur ne va plus bien, bien avant que quiconque de l’équipe RH ne le sache. Une fois l’arrêt posé, c’est encore lui qui vit la situation au quotidien : il reçoit le message du salarié, explique son absence à l’équipe, encaisse les questions sur la date de retour. Sans, le plus souvent, avoir reçu la moindre formation.
Et c’est là que le paradoxe se referme : celui qui voit le plus est aussi celui à qui il est le plus interdit d’agir seul.
Trois choses ne devraient ainsi jamais reposer sur ses épaules :
- Interpréter un état de santé : « Il n’est pas là pour diagnostiquer, il n’est pas là pour deviner, il n’est pas là pour commenter, y compris à haute voix en réunion d’équipe », rappelle Sofiane Coly.
- Porter seul le lien avec le salarié absent : le contact doit toujours venir de l’équipe RH, jamais du manager. Pas seulement pour éviter de laisser croire qu’on cherche à faire travailler la personne : « La relation hiérarchique est souvent le terrain sur lequel se jouent les situations de harcèlement moral ou de discrimination », le cas limite étant celui où le management est lui-même en cause dans l’arrêt.
- Arbitrer un aménagement de poste avant l’avis du médecin du travail : les conditions de retour doivent être préparées avec les interlocuteurs compétents et tenir compte, le cas échéant, des préconisations du médecin du travail.
Ce qu’on peut légitimement attendre de lui est plus modeste… et plus utile. « Ce n’est pas à eux de gérer, ils ne sont ni médecins, ni psychologues, ni assistants sociaux. En revanche, ils doivent connaître les dispositifs pour orienter correctement », résume Céline Spinetto. Une observation d’ailleurs à garder en tête : les arrêts maladie des managers eux-mêmes sont aussi en hausse.
Décider avant, pour ne pas improviser pendant
Le secret médical ne va pas changer. Il ne doit pas changer : c’est lui qui protège le salarié au moment où il est le plus vulnérable. Mais accepter cette protection, c’est aussi construire l’accompagnement à partir des informations auxquelles l’entreprise peut légitimement accéder.
La réponse n’est pas de lever le voile, mais de décider en amont : qui prend contact ? Quand ? Par quel canal ? Dans quelle intention ? Un cadre écrit ne remplacera jamais la qualité d’un contact, ni la justesse d’un moment. Mais son absence laisse le contact dépendre des initiatives individuelles, tandis que les dispositifs restent inutilisés faute d’être connus et que le retour se prépare parfois à la dernière minute.
Plusieurs dispositifs existent déjà et peuvent être proposés selon la durée de l’absence et la situation du salarié. Ils n’exigent à aucun moment de savoir pourquoi il est arrêté. C’est précisément ce qui en fait leur force.
Aurélie Cerffond
Journaliste indépendante, Aurélie décrypte le monde du travail avec une attention particulière aux enjeux de management, de santé au travail et de culture d’entreprise. Co-auteure du guide sur le personal branding Vous êtes unique, montrez-le ! paru chez Hachette Pratique, elle sait transformer des sujets complexes en contenus qui parlent vraiment aux professionnels. Sur le blog de Silae, elle éclaire les grandes évolutions RH et managériales qui redessinent le quotidien des équipes et des dirigeants.
FAQ – Vos questions les plus fréquentes sur les arrêts longs pour motif psychologique
Un employeur peut-il mandater un médecin contrôleur pour vérifier un arrêt maladie d'origine psychologique ?
Oui, sous certaines conditions. L’employeur peut recourir à une contre-visite médicale patronale : le médecin mandaté se prononce sur le caractère justifié de l’arrêt, y compris sa durée. Selon les modalités prévues, l’examen peut avoir lieu au lieu de repos du salarié ou sur convocation. Le médecin contrôleur ne communique pas à l’employeur le diagnostic ni la nature du trouble. Si la contre-visite conclut que l’arrêt n’est pas justifié, l’employeur peut, selon la situation, suspendre les indemnités complémentaires qu’il verse. Cette conclusion ne permet pas, à elle seule, de licencier le salarié. Pour un arrêt d’origine psychologique, l’intérêt de cette démarche doit aussi être apprécié au regard de la relation avec le salarié : elle peut fragiliser la confiance avec une personne déjà vulnérable.
Comment gérer la communication à l'équipe sur l'absence d'un salarié en arrêt pour motif psychologique ?
En s’en tenant aux faits, sans interprétation ni surinformation. L’équipe a besoin de savoir que le salarié est absent et comment le travail sera organisé pendant son absence, pas pourquoi il est arrêté. Une formulation neutre du type « Untel est absent pour le moment ; nous vous tiendrons informés de l’organisation mise en place » peut suffire. La nature du trouble ne doit pas être communiquée à l’équipe par l’employeur, y compris lorsqu’il pense bien faire : cette information relève de la vie privée du salarié.
Un salarié peut-il refuser la visite de préreprise proposée par la médecine du travail ?
Oui. La visite de préreprise est une possibilité ouverte au salarié en arrêt de plus de trente jours, pas une démarche que l’employeur peut lui imposer. Elle peut notamment être demandée par le salarié, son médecin traitant, le médecin-conseil de l’Assurance maladie ou le médecin du travail. Pour un trouble psychologique, cette liberté est particulièrement importante : insister sur cette démarche peut être vécu comme une pression sur le retour. La bonne approche consiste à informer le salarié de son existence et de ce qu’elle peut lui apporter.
Que se passe-t-il si le salarié, à son retour, n'est plus en état d'occuper son poste initial mais refuse de reconnaître son inaptitude ?
L’employeur ne doit pas déduire lui-même une inaptitude de l’état de santé supposé du salarié. Il peut solliciter un examen auprès du médecin du travail ; c’est ce dernier qui apprécie l’aptitude au poste et formule, si nécessaire, des préconisations ou un avis d’inaptitude. L’employeur doit ensuite examiner ces éléments et éviter de retirer des responsabilités au salarié sur la seule base de suppositions concernant sa santé.
L'employeur est-il responsable si un salarié fait une rechute peu après son retour de congé pour burn-out ?
Pas automatiquement. L’employeur reste toutefois tenu de protéger la santé des salariés, de prendre en compte les éventuelles préconisations du médecin du travail et d’agir sur les risques professionnels identifiés. Si les conditions de travail ont contribué aux difficultés du salarié, préparer son retour suppose aussi d’examiner ce qui peut être ajusté dans l’organisation. Conserver une trace des démarches engagées et des mesures mises en œuvre peut aider à établir ce qui a été fait, sans dispenser l’entreprise d’agir.
Comment construire un dispositif de prévention des arrêts psychologiques sans empiéter sur la vie privée des salariés ?
En agissant sur les facteurs organisationnels, pas en cherchant à identifier des salariés supposés « fragiles ». Un dispositif de prévention peut porter sur la charge de travail, la clarté des rôles, la qualité du management ou encore le respect des temps de repos. Les enquêtes de climat social, les indicateurs collectifs et les remontées sur l’organisation du travail peuvent éclairer cette démarche, sans servir à déduire l’état de santé d’une personne. Former les managers à repérer une difficulté et à orienter vers les bons interlocuteurs (médecin du travail, service social, cellule d’écoute…) reste utile, à condition de ne pas leur demander de diagnostiquer.
Votre SIRH peut-il suivre un arrêt long sans jamais connaître son motif ?
Repérer les échéances liées à la durée d’un arrêt, centraliser le suivi des visites médicales et sécuriser les démarches administratives en lien avec la paie… mySilae Entreprise outille ce suivi à partir des informations auxquelles l’entreprise a accès, sans avoir besoin de connaître le diagnostic du salarié.

